L’Instance Nationale de la Probité, de la Prévention et de la Lutte contre la Corruption (INPPLC) a pris part aux travaux du Forum mondial sur l’intégrité et la lutte contre la corruption de l’Organisation de Coopération et de développement économiques (OCDE), tenu à Paris du 23 au 27 mars 2026. L’Instance a contribué activement à plusieurs sessions et réunions de haut niveau. 

 

Dans ce cadre, le Président de l’Instance, Mohamed BENALILOU, est intervenu lors d’un événement parallèle à huis clos organisé sous le thème :« Le rôle des données dans le renforcement de l’intégrité et la lutte contre la corruption dans la région MENA ».  À cette occasion, il a mis en avant l’importance croissante des données et des indicateurs dans l’orientation des politiques publiques en matière de lutte contre la corruption. Il a également présenté les avancées réalisées par le Maroc en matière de conformité aux standards de l’OCDE, soulignant que ce processus résulte d’un effort institutionnel collectif fondé sur la production et l’exploitation des données. 

 

Le Président de l’Instance a souligné que le Maroc a fait le choix, de manière claire et responsable, de placer les indicateurs d’intégrité au cœur de son projet de réforme, en tant choix souverain dans une vision renouvelée, plus réaliste, plus efficace et plus résiliente. 

 

Par ailleurs, il a mis en lumière les conclusions de l’évaluation de l’OCDE pour l’année 2025, qui montrent, sur la base d’indicateurs comparatifs et de données concrètes, que le Royaume dispose d’un cadre législatif et institutionnel avancé, supérieur à la moyenne des pays de l’Organisation, tout en identifiant certains domaines nécessitant des efforts de consolidation. 

 

Selon M. BENALILOU, ces résultats révèlent un enjeu fondamental consistant à réduire l’écart entre les normes et leur mise en œuvre effective, et à passer d’une logique de conformité aux standards à une logique d’efficacité des politiques publiques d’intégrité. Il a précisé que l’analyse de cette évaluation par l’Instance dépasse le cadre strictement technique pour constituer un véritable levier d’orientation stratégique pour la phase à venir. 

 

Cette phase repose sur trois transitions majeures visant à passer de la mise en place de dispositifs de transparence à la garantie de leur efficacité, du suivi de la conformité à l’évaluation de l’impact, et de la production de données à leur valorisation comme outil d’aide à la décision publique. 

 

M. BENALILOU a appelé à harmoniser les visions entre les différents acteurs quant à la nature des contraintes existantes, ainsi qu’à une orientation des politiques publiques vers des domaines prioritaires, afin de dépasser les approches fragmentées et d’en renforcer la cohérence. 

 

Il a indiqué que cette orientation permettra de faire émerger une nouvelle génération de politiques nationales d’intégrité fondées sur une approche basée sur les données probantes, la consolidation de la transparence participative et une meilleure intégration des systèmes de gouvernance. 

 

Dans un contexte marqué par les mutations globales et la complexité croissante des chaînes de valeur, le Président de l’Instance a appelé à une reconsidération des modèles et des instruments de transparence et d’intégrité. 

 

Il a souligné que la corruption, dans ses formes contemporaines, ne se limite plus aux seuls actes contraires à la loi, mais s’appréhende également à travers les zones grises liées de l’imbrication des intérêts et les dysfonctionnements résultant de l’insuffisance de transparence ou de l’absence d’information. 

 

Il a également insisté sur le fait que l’enjeu majeur pour les États ne réside plus dans l’affirmation de leur engagement en faveur de l’intégrité, mais dans leur capacité à bâtir des systèmes capables de la produire durablement, de l’ériger en valeur institutionnelle et sociétale, et d’en faire un levier de confiance, d’investissement et de développement. 

 

Au terme de son intervention, M. Mohamed BENALILOU a réaffirmé l’engagement du Maroc dans cet effort collectif international, ainsi que sa disposition à contribuer, à partir de son expérience, à l’émergence d’une nouvelle approche en matière d’intégrité, fondée sur l’efficacité, la complémentarité et la confiance. 

 

En marge du Forum, le Président de l’Instance, accompagné de sa délégation, a tenu une série de réunions bilatérales avec plusieurs hauts responsables de l’OCDE, dont une séance de travail avec Elsa Pilichowski, Directrice de la gouvernance publique. 

 

Cette rencontre a permis d’examiner les modalités de mobilisation de l’expertise de l’Organisation, notamment en matière de diagnostic de l’intégrité dans les secteurs public et privé, de développement du baromètre national de l’intégrité et du renforcement des indicateurs d’intégrité publique. 

 

Les échanges ont également porté sur l’accompagnement de l’Instance dans l’élaboration d’indicateurs permettant de mesurer de l’impact de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, afin de soutenir la prise de décision publique par des outils analytiques avancés. 

 

Par ailleurs, la délégation a tenu une réunion avec M. Nicolas Pinaud, Directeur adjoint de la Direction des affaires financières et des institutions à l’OCDE. Les discussions ont porté sur les avancées du processus d’adhésion du Royaume du Maroc au Groupe de travail sur la corruption de l’OCDE en qualité de « participant ». 

 

Dans le même contexte, une réunion a été tenue avec Carlos Conde, Chef de la Division Moyen-Orient et Afrique à l’OCDE, afin d’examiner les axes de coopération régionale et de mobiliser les meilleures pratiques internationales en matière de promotion de l’intégrité et de la bonne gouvernance. 

 

Les échanges ont également porté sur les préparatifs de la prochaine réunion annuelle du Réseau d’intégrité des affaires pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MOBIN), qui se tiendra à Rabat sous la présidence de l’INPPLC, en partenariat avec Agence Française Anti-Corruption. 

 

La délégation a également tenu une réunion de travail avec Muhannad Hijazi, Président de la Commission d’intégrité et de lutte contre la corruption du Jordanie, afin d’examiner les modalités de mise en œuvre du programme de travail bilatéral entre les deux institutions.

 

Par ailleurs, le directeur du pôle de la coopération et du développement au sein de l’Instance a pris part aux travaux du Forum à travers une intervention intitulée : « Activation de l’action collective : de la conception à la mise en œuvre », mettant en lumière les défis opérationnels liés à la concrétisation effective des engagements. 

 

Enfin, les autres membres de la délégation marocaine ont participé à plusieurs sessions et ateliers parallèles portant notamment sur les indicateurs du climat des affaires et les questions douanières. 

 

Il convient de rappeler que l’OCDE figure parmi les organisations internationales de référence en matière de gouvernance, de transparence et d’intégrité. À ce titre, elle constitue un partenaire stratégiquede l’Instance nationale pour le développement de mécanismes efficaces de prévention de la corruption et de promotion de la bonne gouvernance au sein des institutions.

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